Alphabet pour une éducation alternative

Donner accès à l’éducation aux enfants syriens réfugiés dans la plaine de la Bekaa au Liban03Crédit photo : Hanna Rajbenbach 

Contexte

Le Liban accueille entre 1 et 1,5 million de réfugiés syriens, entassés pour la plupart dans plus d’un millier « d’installations informelles » au cœur de la plaine de la Bekaa. Selon un rapport de Human Rights Watch publié en juillet 2016, puis de la moitié des 500 000 enfants syriens en âge d’être scolarisés ne reçoit pas d’enseignement. Leur scolarité a été interrompue par plusieurs années de guerre, et ils ont besoin de cours de soutien ou de rattrapage, de soutien psychologique ainsi que d’activités extra-scolaires pour favoriser leur épanouissement. Les écoles libanaises sont souvent très éloignées des camps, et les parents ne peuvent pas payer les frais de scolarité et de transport. Dans ce contexte, Alphabet for Alternative Education a été créé en 2012 pour donner à ces enfants le droit à l’éducation et la possibilité d’un avenir prometteur. L’organisation a permis d’ouvrir 11 écoles dans des tentes et d’éduquer plus de 1200 enfants. L’enseignement est spécialement conçu pour convenir aux enfants réfugiés en temps de crise, et s’accompagne d’activités extra-scolaires ainsi que d’un suivi psychologique régulier, afin d’assurer un environnement épanouissant pour les élèves.

Objectif

Les enfants sont menés vers le niveau approprié pour leur âge en Anglais, Arabe, mathématiques, sciences et sciences sociales. A terme, au moins 50 % des enfants diplômés seront inscrits dans des écoles libanaises. Ce projet permet également d’assurer un emploi pour les professeurs, également réfugiés. Enfin, le projet prévoit l’alphabétisation des parents d’élèves, afin qu’ils s’impliquent davantage dans l’éducation de leurs enfants.

 

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Crédit photo : Assem Hamsho

Activités

Les professeurs sont formés pour délivrer un enseignement intensif, spécialement conçu pour convenir aux enfants déplacés en temps de crise. Le projet favorise un environnement épanouissant pour les enfants grâce à des activités extra-scolaires (football, musique, peinture, photographie), et des experts  bénévoles prodiguent un suivi psychologique pour les enfants. Alphabet inclut également des initiatives pour les parents : cours d’alphabétisation, séances d’autonomisation des femmes, cours de tricot, emploi de certaines femmes à la cuisine pour les écoliers. Enfin, Alphabet s’attache à améliorer la vie dans les camps, en favorisant l’accès à l’eau et à l’électricité ainsi que l’obtention et distribution des dons humanitaires en période de pénurie. CODSSY a contribué à ce projet depuis 2014 jusqu’à aujourd’hui, notamment grâce au soutien du CCFD mais aussi de la galerie Claude Lemand qui a permis de financer la mise en place d’écoles dans trois tentes.

Résultats

La majorité des écoliers inscrits ont pu atteindre le niveau scolaire qui correspond à leur âge. Alphabet a permis également d’endiguer le travail des enfants qui a atteint des niveaux inquiétants dans les camps au Liban. En définitive, les écoles Alphabet améliorent sensiblement la qualité de vie dans les camps : les enfants sont plus heureux et éduqués, les parents mieux informés, et l’environnement général plus agréable. Nous estimons avoir contribué à bâtir une nouvelle génération de Syriens éduqués qui pourra retourner reconstruire la Syrie une fois le conflit dépassé.

Les deux écoles ont pu poursuivre leur activité. L’inscription d’élèves y compris de nouveaux arrivés a été enregistrée dans les écoles Alphabet des camps. Nous avons pu assurer que ces enfants ne soient pas sujets à des travaux forcés, par exemple dans les champs. De plus, la participation des élèves aux classes a été traquée au fur et à mesure de l’année. Nous avons pu mettre en place des méthodes de contrôle des connaissances. Nous avons pu employer des enseignants Syriens déplacés et réfugiés également.

https://www.facebook.com/pg/Alphabet.For.Alternative.Education

Témoignage

« Tout d’abord, parler d’école est une convention de langage. Il faut essayer de se représenter des salles de forme parallélépipédique, faites de montants de bois et de bâches ciglées du HCR (Haut Comité aux Réfugiés). Les mêmes que celles dans lesquelles vivent les réfugiés eux-mêmes dans les camps de fortune, au milieu de la plaine fertile de la Bekaa. Et là, dans ces bâches, des salles de classe. Elles sont petites, quelques mètres carrés, et basses de plafond.

Ce qui saute aux yeux, tout d’abord, c’est l’atmosphère chaleureuse qui règne dans ces espaces si précaires. Et si étroits. Oui, une atmosphère chaude. Il y a d’ailleurs un petit poêle à fuel au milieu de la pièce. Et ce qui saute aux yeux également c’est l’étonnante propreté qui règne là. Les enfants ont déposé leurs chaussures et les ont rangées à l’entrée dans des casiers. Ils sont donc en chaussettes, ou pieds nus, mais ils n’ont pas froid. L’enseignant ou l’enseignante est aussi en chaussettes. Sous les pieds, la toile. Et, souvent, un beau tapis bien propre.

Et puis sur les murs de bâche, comme dans toutes les écoles du monde, sont affichées des dessins d’enfants aux couleurs chaudes elles aussi. Il y a parfois, pas toujours, une sorte de fenêtre de plastique translucide qui permet de faire rentrer un peu de lumière du jour. Dans une des classe, derrière le plastic, nous apercevons la tête d’un garçon qui de l’extérieur essaie de voir ce qui passe là, dans la classe. Sans doute voudrait-il entrer ? Voudrait-il être là, avec les autres, sans doute voudrait-il étudier lui aussi ?

Car ce qui frappe toujours c’est l’enthousiasme des enfants. Ils sont heureux d’être à l’école. Ils sourient. La plupart d’entre eux n’ont pas été scolarisés durant des mois ou des années. Certains ne l’avaient pas encore été, alors qu’ils ont déjà 7 ou 8 ans. La maîtresse interroge et ils sont fiers de venir au tableau – car il y a un tableau, nous oublions de le dire. Ils se précipitent pour répondre à la question. Ils veulent apprendre. « Souvent, dit Ranim la présidente de l’organisation, ils ne veulent pas quitter l’école à la fin des cours. »

Et puis il y a l’attitude des enseignants. Tous Syriens. Mais ce qui frappe encore c’est la gentillesse de ceux-ci. Leur douceur. Leur humanité, avons-nous envie de dire – non pas comme si cela allait de soi, comme si, dans ces conditions, l’on penserait qu’il ne pourrait en être autrement – non, une vraie gentillesse dont on sent bien qu’elle n’a rien à voir avec les circonstances. Une humanité qui ne doit rien, certainement, à la barbarie qui a sévi dans le pays dont ils viennent. On ne veut pas le penser. »

Etienne MAREST, Trésorier de CODSSY lors de sa visite à Alphabet début 2017.


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Alphabet – Ecoles dans des tentes